Amendes sépulcrales dans les épitaphes de l’époque de l’Empire Romain

ISBN: 978-83-7865-026-3
Rok wydania 2013
Liczba stron 410
Format: B5

Amendes sépulcrales dans les épitaphes de l’époque de l’Empire Romain

La conviction sur l’existence de l’au-delà, répandue dans les civilisations anciennes, est à la base de divers cultes des morts. L’enterrement et la crémation du corps des morts furent insérés à l’office religieux, ce dernier sanctionné souvent par les exi-gences de la loi. Ius sepulchri de Rome, reconnaissant les lieux d’enterrement des morts comme res religiosa, dote les sépulcres d’une sainteté. Le Romain prend soin des cimetières, geste qui contient en soi, sans doute, le désir de voir ses successeurs vénérer ensuite son propre sépulcre1. Les rites funèbres varient selon les couches par-ticulières de la société romaine. Les uns ne creusent qu’une fosse modeste, autres font bâtir des monuments somptueux en croyant assurer ainsi à eux-mêmes et à leur famille une existence meilleure dans l’au-delà. Les possibilités financières déterminent également dans une large mesure le rang des funérailles et les cérémonies résultant des exigences du culte sépulcral.

La pratique de tous les jours montre pourtant que les ius sepulchri ne peuvent pas toujours garantir une protection efficace aux monuments funéraires élévés dans les cimetières romains. Ainsi, dans les sources, à côté des renseignements sur les cérémo-nies funèbres, on retrouve souvent des informations sur la négligence de ce culte ou sur la profanation des cimetières même. Des preuves les plus nombreuses se retrouvent dans les épitaphes latines et grecques. Selon ces sources, la profanation des tombes (la viola-tion de sépulture) apparaît comme un délit connu de toutes les civilisations antiques. Les droits funéraires antiques interdisent formellement la vente, le don ou la destruc-tion de monuments funéraires, l’enlèvement de corps des morts ou d’urnes contenant des cendres, ils punissent sévèrement les coupables du pillage de tombes ainsi que les voleurs de stèles et de monuments funéraires. Pourtant, ni les anathèmes ni le droit sévère ne parviennent à détourner des voleurs de cimetières. Aussi bien des tombes privées que des tombeaux des rois sont profanés. Quant aux somptueux tombeaux des rois (les pyramides d’Égypte), les malfaiteurs y viennent attirés par le luxe qui accom-pagne l’enterrement d’un monarque mort. Rien ne peut en empêcher: ni le creusement des tombes dans le rocher et le masquage astucieux de leurs entrées, ni l’organisation des enterrements en secret, ni les meurtres commis sur les ouvriers engagés pour la construction du tombeau. Comme nous en instruisent les fouilles archéologiques, il fut impossible de garder secret le lieu d’enterrement du corps d’un monarque.

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